La mer Caspienne est le plus grand lac du monde, avec une superficie de plus de 436 000 km², supérieure à celle du Japon. Située entre l’Europe et l’Asie et bordée par cinq pays, elle constitue une étendue d’eau unique au monde : trop grande pour être considérée comme un simple lac, mais trop fermée pour être véritablement qualifiée de mer.

Il existe plus de 304 millions de lacs sur Terre, mais un seul domine tous les autres de manière spectaculaire : la mer Caspienne. Avec une superficie d’environ 436 000 km², cette immense étendue d’eau est plus grande que le Japon tout entier et près de cinq fois plus vaste que le lac Supérieur, situé entre le Canada et les États-Unis.
Sommaire
Mer ou lac ? Un débat toujours ouvert
La mer Caspienne est un cas unique au monde. C’est la plus grande étendue d’eau fermée de la planète, sans accès aux océans. Pour cette raison, elle est considérée à la fois comme le plus grand lac du monde et comme l’une des plus petites mers.
Ses dimensions, sa profondeur et sa salinité ressemblent davantage à celles d’une mer. Mais comme elle est totalement isolée des océans, elle peut également être classée comme un lac.
Cette distinction n’est pas seulement théorique. Le statut de la mer Caspienne influence directement le droit international, l’exploitation des ressources naturelles et les relations entre les pays qui bordent ses côtes. Une question qui n’est d’ailleurs toujours pas totalement tranchée.
Un gigantesque plan d’eau entre l’Europe et l’Asie
La mer Caspienne se situe entre l’Europe et l’Asie, à l’est du Caucase et à l’ouest des grandes steppes d’Asie centrale.
Elle borde cinq pays :
- le Kazakhstan ;
- la Russie ;
- l’Azerbaïdjan ;
- l’Iran ;
- le Turkménistan.
Sa surface se trouve environ 27 à 28 mètres sous le niveau de la mer, tandis que sa profondeur moyenne atteint près de 200 mètres, avec des zones dépassant les 1 000 mètres de profondeur.
Son bassin versant couvre environ 3,5 millions de km².
Sous sa forme actuelle, la mer Caspienne existe depuis environ 5,5 millions d’années, mais son histoire géologique est bien plus ancienne. Il y a près de 13,8 millions d’années, elle était encore reliée à la mer Noire par une dépression aujourd’hui connue sous le nom de fosse de Manytch. Des mouvements tectoniques ont ensuite isolé définitivement le bassin, lui donnant son caractère unique.
Pourquoi son eau est-elle salée ?
La mer Caspienne est un bassin fermé, sans exutoire vers l’océan. Au fil du temps, les sels transportés par les rivières s’y sont accumulés, tout comme ceux hérités de l’époque où elle était reliée à la Méditerranée.
Sa salinité moyenne est d’environ 13 grammes par litre, soit environ un tiers de celle des océans.
Sa composition chimique diffère toutefois de l’eau de mer classique. Elle contient davantage de sulfates, de calcium et de carbonate de magnésium, mais moins de chlorures. Cette particularité résulte de millions d’années d’évaporation, de périodes glaciaires et de changements climatiques.
Une immense réserve d’eau alimentée par plus de 130 rivières
Plus de 130 cours d’eau se jettent dans la mer Caspienne, apportant chaque année environ 300 km³ d’eau douce.
La principale source est la Volga, le plus long fleuve d’Europe, qui fournit à lui seul près de 80 % de l’apport total en eau.
D’autres rivières importantes contribuent également à son alimentation :
- l’Oural ;
- la Koura ;
- la Kouma ;
- le Terek.
Sur ses rives se trouvent plusieurs villes importantes :
- Bakou, capitale de l’Azerbaïdjan ;
- Astara, en Iran ;
- Atyraou, au Kazakhstan ;
- Derbent, en Russie.
La mer Caspienne abrite également une cinquantaine de petites îles, principalement situées dans sa partie nord.
Son sous-sol est particulièrement riche en hydrocarbures. C’est notamment dans cette région que se trouvent les gisements alimentant le gazoduc TAP, qui permet à plusieurs pays européens d’importer du gaz naturel depuis l’Azerbaïdjan.
Un écosystème exceptionnel mais menacé
La mer Caspienne abrite environ 850 espèces animales et plus de 500 espèces végétales, dont beaucoup sont endémiques, c’est-à-dire qu’on ne les trouve nulle part ailleurs sur Terre.
Parmi ses habitants les plus emblématiques figurent :
- six espèces d’esturgeons aujourd’hui menacées d’extinction, à l’origine du célèbre caviar ;
- le phoque de la Caspienne, unique mammifère marin de la région ;
- le béluga.
Mais cet écosystème est de plus en plus fragilisé.
La pollution liée à l’industrie pétrolière, les déchets plastiques, les nutriments transportés par les rivières et la multiplication des barrages perturbent des équilibres vieux de plusieurs millénaires.
À cela s’ajoute le changement climatique. Selon les estimations les plus récentes fondées sur les données de la NASA et du Global Water Monitor, le niveau de la mer Caspienne pourrait baisser de 9 à 18 mètres d’ici la fin du siècle.
Une telle diminution entraînerait la perte d’environ un quart de sa superficie et exposerait plus de 93 000 km² de fonds marins, soit une surface équivalente à celle du Portugal.
Un scénario qui rappelle l’importance de mieux connaître et surtout de protéger cette gigantesque étendue d’eau avant qu’il ne soit trop tard.