Le classement des pires entreprises est de retour : 60 Millions de Consommateurs a « récompensé » les entreprises qui se sont distinguées en 2025 par leurs pratiques déloyales, leur greenwashing, leurs produits dangereux et leur absence totale de responsabilité sociale et environnementale. Cette année, la première place est occupée par un nom que nous connaissons malheureusement bien.

Pour la neuvième année consécutive, le magazine français 60 Millions de Consommateurs a décerné les redoutables « Golden Cactus » : des prix négatifs destinés aux entreprises qui, au cours de l’année, se sont distinguées par des pratiques commerciales déloyales, des produits dangereux ou un mépris total de leurs responsabilités environnementales et sociales.
Cette année, le podium n’est pas surprenant, avec Shein en tête du classement, mais le tableau qui se dessine est inquiétant : le mécontentement des consommateurs augmente, mais en réalité, les habitudes d’achat changent peu. Une contradiction alimentée par des algorithmes persuasifs et des prix très bas qui cachent des coûts bien plus élevés, supportés par d’autres.
Mais quelles entreprises ont mérité ces tristes distinctions et pourquoi ? Découvrons ensemble tous les « lauréats » du Golden Cactus 2025.
Sommaire
- 1 Shein (Cactus d’or)
- 2 Les constructeurs automobiles (Cactus d’Argent)
- 3 E.Leclerc (Cactus de bronze)
- 4 Bio-ethic (Cactus de pollueur)
- 5 Google (Cactus de l’obsolescence)
- 6 Babyvista (Cactus de la pression)
- 7 Pranarōm (Cactus de l’aberration)
- 8 Filtres naturels pour l’eau (Cactus de l’illusion)
- 9 Chocolat de Dubaï (Cactus de la star surestimée)
- 10 Cannelle Bedros (Cactus du poilu)
Shein (Cactus d’or)
Le Golden Cactus 2025 revient – sans surprise compte tenu de ce qui s’est passé en France – à Shein, qui, selon les rédacteurs du magazine, aurait même mérité un « Cactus de platine » pour ses actions cette année.
La plateforme de fast fashion s’est distinguée par son impact dévastateur sur les conditions de vie des travailleurs en Asie du Sud-Est, par ses produits qui enfreignent systématiquement les normes de sécurité européennes et par ses pratiques commerciales qualifiées de « fondamentalement cyniques ». Cet été, Shein a été condamnée à une amende de 40 millions d’euros pour avoir trompé les consommateurs sur les réductions de prix : près de six annonces de soldes sur dix ne prévoyaient aucune réduction réelle.
Avertissements de stocks limités, témoignages enthousiastes, compte à rebours : autant de pratiques illégales dans lesquelles Shein excelle. L’Autorité française de protection des données a également infligé à l’entreprise une amende de 150 millions d’euros pour violation de la réglementation sur les cookies.
Cependant, il y a pire. En novembre, les douaniers ont inspecté 200 000 colis Shein arrivés à l’aéroport de Roissy (Paris) : chacun contenait en moyenne 5 articles, emballés individuellement dans des sacs en plastique, et 8 produits sur 10 inspectés étaient non conformes. Il s’agissait de cosmétiques interdits, de jouets dangereux ou d’appareils électroménagers défectueux.
En France, cependant, pas moins de 16 millions de visiteurs uniques par mois se sont connectés à Shein en 2025. Le paradoxe est évident : tout le monde (ou presque) est au courant, mais trop de personnes continuent d’acheter.
Les constructeurs automobiles (Cactus d’Argent)
La deuxième place revient aux constructeurs automobiles pour deux problèmes graves : les airbags Takata défectueux et les « freinages fantômes ». Depuis 2015, on sait que les airbags Takata peuvent exploser dans certaines conditions, projetant des éclats métalliques sur le conducteur et les passagers. Pourtant, dix ans plus tard, les constructeurs ont encore du mal à gérer les rappels. Stellantis a été contrainte de procéder à des rappels après l’immobilisation de ses véhicules, mais BMW, Mercedes, Toyota et Volkswagen se sont contentées de simples rappels sans ordres d’immobilisation.
En France, les airbags Takata défectueux ont déjà causé 18 décès et 25 blessés graves.
À cela s’ajoutent les « freinages fantômes », soudains et brutaux, causés par les systèmes de freinage d’urgence automatique présents dans les véhicules de la plupart des marques. Un problème que les constructeurs automobiles semblent traiter avec une extrême lenteur.
E.Leclerc (Cactus de bronze)
La chaîne d’hypermarchés E.Leclerc se classe troisième pour son retard en matière de consommation durable et responsable. Selon une comparaison réalisée avec le Climate Action Network, E.Leclerc est la chaîne qui affiche les plus mauvaises performances environnementales.
Cependant, ce n’est pas tout. En mai, des quantités importantes d’hydrocarbures aromatiques d’huiles minérales ont été détectées dans son huile d’olive Eco+, avec des niveaux proches de la limite européenne acceptable de 2 mg/kg.
De plus, en novembre, le concentré de tomate Eco+ s’est avéré contenir des tomates d’origine asiatique déclarées italiennes sur l’étiquette, ainsi que des résidus de pesticides et une teneur excessive en sel.
Bio-ethic (Cactus de pollueur)
L’encens Pine Wood de Bio-ethic promet des promenades en forêt, mais la réalité est bien différente. Malgré le nom de la marque, aucune des huiles ou des ingrédients utilisés n’est biologique. Pire encore, l’encens brûlé libère des fumées contenant du toluène, du furfural, du styrène et du benzène, toutes des substances potentiellement cancérigènes. On a également trouvé du formaldéhyde et de l’acétaldéhyde, des substances cancérigènes connues, dont les concentrations ont été multipliées par 2,5 après seulement une heure.
Google (Cactus de l’obsolescence)
Google a délibérément saboté ses smartphones Pixel. En janvier 2025, après une mise à jour obligatoire, certains Pixel 4a ont été rendus inutilisables. Au cours de l’été, ce fut au tour du Pixel 6a, dont l’autonomie de la batterie a été considérablement réduite. La raison officielle ? Éviter les problèmes de surchauffe.
En Australie, l’Autorité de protection des consommateurs a exigé le rappel du Pixel 4a, et Google a dû proposer des remplacements, des compensations ou des bons d’achat.
Babyvista (Cactus de la pression)
Dans les maternités, Babyvista se présente dans les chambres des nouvelles mamans en proposant des séances photo gratuites. Cependant, les photos sont payantes, et un vendeur revient à la maison avec les tirages développés pour convaincre la maman de payer. Il est difficile de refuser une photo de son enfant, même si elle coûte des centaines d’euros. Une pratique commerciale agressive qui exploite un moment émotionnel particulier.
Pranarōm (Cactus de l’aberration)
Le produit Aromaboost Diet roll-on de Pranarōm est présenté comme un coupe-faim adapté aux enfants à partir de 7 ans. Non seulement il n’est pas prouvé que l’inhalation d’huiles essentielles de citron et de romarin réduise l’appétit, mais l’Agence française de sécurité sanitaire des aliments déconseille fortement l’utilisation d’huiles essentielles chez les enfants, car elles sont potentiellement toxiques. Cinq allergènes ont également été détectés dans le produit. Promouvoir un régime alimentaire auprès d’enfants de 7 ans est tout simplement inacceptable.
Filtres naturels pour l’eau (Cactus de l’illusion)
Deux filtres naturels pour l’eau du robinet – des billes de céramique et des bâtonnets de charbon actif – ont été testés par le magazine. Le résultat ? Ils ne filtrent rien. À 45 et 25 euros respectivement, ils n’éliminent ni les nitrates, ni les nitrites, ni aucun polluant. Un investissement totalement inutile qui exploite le désir des consommateurs de solutions naturelles.
Chocolat de Dubaï (Cactus de la star surestimée)
Cher, excessivement sucré et contenant des ingrédients discutables, le chocolat de Dubaï, très populaire sur les réseaux sociaux, a néanmoins connu un grand succès en 2025. Les experts de Stiftung Warentest ont trouvé des substances problématiques dans ce chocolat : deux chocolats produits à Dubaï étaient fortement contaminés par des graisses potentiellement cancérigènes contenues dans l’huile de palme raffinée, et l’un d’entre eux contenait également des aflatoxines et des mycotoxines cancérigènes.
Dans les marques Miskets et Germiyan, on a détecté du polyricinoléate de polyglycérol, un émulsifiant qui augmenterait la perméabilité de la barrière intestinale et le risque de maladies inflammatoires chroniques de l’intestin.
Cannelle Bedros (Cactus du poilu)
Une découverte inquiétante clôt le classement : la cannelle Bedros contenait 570 restes d’insectes pour 50 grammes, ainsi que des poils de rongeurs et 320 fragments de plastique. Un mélange préoccupant qui nous amène à réfléchir aux contrôles de qualité.
Ce classement original nous rappelle une fois de plus que nous, consommateurs, avons un rôle crucial à jouer. Chaque achat est comme un vote que nous accordons à un certain modèle commercial. S’informer, comparer et choisir en connaissance de cause sont les seuls moyens de sortir du cercle vicieux de la consommation irresponsable qui nuit aux travailleurs, à l’environnement et, en fin de compte, à nous-mêmes.
Source : 60 Millions de Consommateurs