La juge Rita Lin, du tribunal fédéral du district nord de la Californie, a estimé que la décision du Pentagone d’inscrire l’entreprise d’intelligence artificielle Anthropic sur liste noire était illégale et violait les droits constitutionnels de la société.

Selon elle, le gouvernement américain a agi par représailles après qu’Anthropic a refusé les demandes de l’armée visant à obtenir un accès à sa plateforme Claude pour mener une surveillance de masse de la population américaine ou pour développer des systèmes d’armes entièrement autonomes.
Dans sa décision, la juge Lin a conclu que la mesure prise par le chef du Pentagone, Pete Hegseth, qui avait annoncé le 27 février qu’Anthropic serait considérée comme un risque pour la chaîne d’approvisionnement, était arbitraire et injustifiée au regard de la loi. Cette directive interdisait à tous les sous-traitants, fournisseurs et partenaires travaillant avec l’armée américaine d’entretenir la moindre relation commerciale avec Anthropic.
Par ailleurs, le président Donald Trump avait ordonné à toutes les agences fédérales de cesser d’utiliser les technologies d’Anthropic. Les administrations qui utilisaient déjà ses services disposaient d’un délai de six mois pour les abandonner progressivement.
En mars, Anthropic a saisi la justice fédérale pour contester ces décisions. Plus tard dans le mois, la juge Lin a accordé une injonction préliminaire, suspendant l’application des restrictions le temps que l’affaire soit examinée sur le fond.