OpenAI a commencé à déployer une version d’essai limitée de sa nouvelle gamme de modèles GPT-5.6 auprès d’un groupe restreint de « partenaires de confiance ». Un lancement plus large est attendu dans les prochaines semaines.

Cette nouvelle famille comprend trois modèles : Sol, Terra et Luna. Sol est présenté comme le système d’intelligence artificielle le plus avancé jamais développé par OpenAI. Il est destiné aux tâches les plus complexes, notamment le raisonnement avancé et la cybersécurité.
De son côté, Terra vise un usage plus général. Il offre des performances comparables à GPT-5.5 tout en coûtant environ deux fois moins cher. Enfin, Luna représente l’offre la plus économique de la gamme.
Les tarifs reflètent ce positionnement. Sol est facturé 5 dollars par million de jetons en entrée et 30 dollars par million de jetons générés en sortie. Terra coûte 2,50 dollars en entrée et 15 dollars en sortie. Quant à Luna, son prix descend à 1 dollar par million de jetons en entrée et 6 dollars en sortie, soit des tarifs nettement inférieurs à ceux pratiqués jusqu’ici par certains modèles haut de gamme concurrents.
Avant ce lancement limité, OpenAI a présenté GPT-5.6 à plusieurs responsables du gouvernement américain. Cette démonstration anticipée fait suite à un récent décret signé par le président Donald Trump, demandant aux entreprises développant les systèmes d’intelligence artificielle les plus puissants de les soumettre volontairement à une évaluation fédérale au moins 30 jours avant leur mise à disposition du public.
Selon plusieurs informations, des entreprises comme OpenAI, Anthropic, Google, xAI et Microsoft donnaient déjà un accès anticipé à leurs modèles aux autorités américaines avant même l’entrée en vigueur de cette mesure. Meta, en revanche, aurait rejoint cette démarche plus tardivement.
OpenAI précise toutefois que cette collaboration avec les autorités américaines reste une mesure exceptionnelle et ne constitue pas un modèle qu’elle souhaite généraliser. L’entreprise estime néanmoins que partager certaines informations avec l’administration permettra d’accélérer le lancement public de GPT-5.6.
Sur le plan technique, GPT-5.6 introduit un nouveau mode de raisonnement baptisé « Max ». Disponible sur le modèle Sol, il lui permet de consacrer davantage de ressources de calcul aux analyses complexes et aux tâches nécessitant un raisonnement approfondi.
OpenAI affirme également avoir renforcé les capacités de Sol en matière de cybersécurité. Le modèle aurait été entraîné à identifier plus efficacement les failles de sécurité tout en étant mieux protégé contre les demandes à haut risque et les scénarios d’attaque réels. Ces améliorations sont le résultat de plusieurs semaines de tests intensifs réalisés en interne.
Les trois modèles bénéficient également de nouveaux mécanismes de sécurité. Ils ont été entraînés à refuser toute assistance liée à des activités de cybercriminalité interdites, notamment les tentatives de contournement de leurs protections intégrées.
Pour renforcer cette sécurité, OpenAI indique avoir mobilisé près de 700 000 heures de calcul sur GPU afin d’identifier les techniques de contournement universelles, souvent appelées *jailbreaks*, puis de développer des contre-mesures adaptées. L’entreprise annonce également la mise en place d’un dispositif de réaction rapide destiné à détecter et corriger les nouvelles vulnérabilités dès leur découverte.
Cette attention portée à la sécurité intervient peu après qu’Anthropic a temporairement suspendu l’accès à ses modèles Mythos 5 et Fable 5, à la suite d’inquiétudes des autorités américaines concernant un risque d’utilisation malveillante. Les deux modèles ont depuis été remis en service de manière limitée auprès de certaines organisations autorisées.
Avec cette première phase de déploiement de GPT-5.6, OpenAI cherche à concilier l’accélération du développement de ses modèles avec des exigences toujours plus fortes en matière de sécurité, de maîtrise des coûts et de conformité réglementaire avant un lancement à grande échelle.