L’équipe derrière le robot Sophia s’est attiré des moqueries après une publication Instagram demandant aux abonnés de liker un montage vidéo de ses apparitions à la télévision et sur scène, avec notamment des extraits du Tonight Show de Jimmy Fallon et d’un sketch avec Will Smith, tout en insérant des images du robot Tesla d’Elon Musk en train de trébucher. La légende encourageait ensuite les internautes à dépasser les supposés 10 000 likes obtenus par le robot de Musk. Mais après neuf heures en ligne, la publication n’avait récolté que 275 likes.

« Ce n’est pas une compétition », a répondu un utilisateur, tandis que d’autres se demandaient pourquoi Sophia n’avait toujours pas de corps humanoïde moderne. Beaucoup estiment aujourd’hui que la plateforme paraît dépassée et lente face aux robots actuels, et que les expressions faciales de Sophia semblent rigides et peu naturelles.
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Sophia face à une nouvelle génération de robots
En réalité, Tesla n’est même pas le concurrent le plus inquiétant pour Sophia. Une nouvelle génération de robots humanoïdes chinois progresse très rapidement : certains savent déjà faire des acrobaties, courir à grande vitesse ou manipuler des objets avec précision. Les développeurs de Sophia sont donc critiqués pour privilégier la communication et les statistiques sur les réseaux sociaux plutôt que de véritables avancées technologiques.
Sophia, robot humanoïde à apparence féminine présenté en 2016 par l’entreprise hongkongaise Hanson Robotics, avait attiré l’attention du monde entier grâce à ses expressions faciales réalistes rendues possibles par une peau artificielle appelée « Frubber », une IA connectée au cloud et une forte présence médiatique. Malgré cela, Sophia n’est pas consciente : elle fonctionne grâce à des scripts et des systèmes d’assistance basés sur le cloud.
La Chine accélère pendant que Sophia stagne
Dix ans plus tard, le secteur des robots humanoïdes a énormément évolué. En Chine notamment, plusieurs entreprises affichent désormais des ambitions de production de masse et impressionnent avec des démonstrations spectaculaires. Les modèles H1 et G1 de l’entreprise Unitree ont par exemple montré des capacités de parkour, de salto et même d’arts martiaux. D’autres sociétés mettent en avant un contrôle du corps plus naturel, une coordination main-œil avancée et des visages biomimétiques très expressifs. Certaines affirment même approcher une démarche presque humaine grâce à une IA dite « incarnée ».
Dans ce contexte, le design quasiment inchangé de Sophia et ses performances limitées alimentent de plus en plus le scepticisme en ligne. Beaucoup de commentateurs estiment que Hanson Robotics devrait se concentrer sur le développement d’une nouvelle génération de robot plutôt que sur des comparaisons provocatrices avec des célébrités ou les projets d’Elon Musk.